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09.06.2008
Le dol du deal!
Le dol est découvert et personne n’a crié au scandale.
Dans une république en bute à toutes les maladresses anthologiques, le regard sérieux s’enfile le manteau de l’attention pour épouser le rêve de l’opinion. L’opinion, ou la manière de penser la plus répandue du corps social n’a jamais été si corrompue sur sa propre réalité que ces derniers jours de notre odyssée. Sous les miettes tombées du repas démocratique, les ivoiriens n’ont pas souffert à faire de l’opinion majoritaire la vigie du vrai.
La question du racket posée à coup de bouquets numériques et qui a transi toutes les sphères de décision de la chose publique (res publica) vient de révéler le manque de méthodologie qui caractérise la terre éburnéenne. C’est à penser avec une certaine aisance d’une exemplarité vérifiée que d’une part, les ivoiriens ne savent que mener de vrais faux combats et d’autre part qu’ils n’ont jamais su comment élever un fléau à son concept.
Les Forces de Défense et de Sécurité incriminés à tort ou à raison de corruption ne sont qu’à l’image de la société qui les emploie. D’autant qu’ils ont été pendant au moins une décennie objet d’une cabale dubitative visant, dans une relative opacité, à jeter la profession aux foires chagrines.
Un peu comme ce maladroit procès fait actuellement à ce couple français qui vient de décider de l’annulation de son mariage commenté par l’industrie intellectuelle de l’hexagone comme une expérience honteuse ; les ivoiriens ont posé des mots et des sons en des endroits qu’ils ne maîtrisent pas véritablement. Car en réalité, dans le conflit qui oppose le corrompu au corrupteur, se dresse une valeur aux règles non écrites : le mensonge !
Le mensonge n’est pas une norme ni un contrat encore moins une humeur ; mais se reconnaît par cela même que son principe repose sur un dédoublement de l’environnement ontique dans un intérêt reposant sur le vice du dire ou du vouloir dire l’indicible et l’ineffable dans une admirable ponctualité de l’ambiance sociale.
Le conducteur de « Gbaka » ou de « Woro-Woro » est un manipulateur en ce qu’il a laissé le passager abidjanais faire un procès d’intention souvent accompagné de dégout et d’aigreur au pauvre policier planté à son barrage dans une apparence de « perdeur » (excusez moi du mot) de temps inutile. Le Chauffeur de Woro-Woro ou de Gbaka est un pêcheur en eau trouble ou le véritable organisateur de l’anarchie qui gronde dans les fonds bas de son milieu.
Le lundi 02 juin 2008, l’état major de l’armée ivoirienne a accouché d’une idée ingénieuse au sens où l’on dit de l’ingénieux qu’il est productif de quelque chose. La levée des barrages et la régulation du transport intimement liées à la question de l’identification civile, a permis de comprendre que le fruit lui-même portait le ver en son sein. Identification comme acte juratoire pour l’état d’établir l’identité d’une personne ; mais identification comme fait trivial de donner un référent juridique à un engin : un Gbaka par exemple.
Or donc, les véhicules qui transportent les citoyens ivoiriens ne sont pas identifiés par l’état de cote d’ivoire. Or donc, la corruption qui ronge le milieu du transport ne porte pas le pigment de notre armée. Or donc, c’était pour les chauffeurs de transport commun une stratégie d’échapper à la rigueur de la loi qu’ils ont inventé, de toute ridiculité, le racket : en tout cas, les ivoiriens qui savent voir ont découvert l’ombre du deal.
Et pourtant, il fallait comprendre que le rôle d’un agent de l’ordre ne consiste pas en un accompagnement de la bêtise humaine : le banc dressé derrière le véhicule de patrouille servant de cachette à la médiocrité, n’était pas en réalité un comptoir de vérification des pièces administratives. Sinon, qu’est ce qui justifie foncièrement ce stationnement de tous ces Woro woro et Gbaka au moment même où l’état décide de supprimer ces comptoirs de vérification de pièces et de piécettes : leur « calvaire » ? L’affaire est à suivre, mais d’ici là portez vous bien
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